mercredi 25 avril 2012

Au-delà de la grève étudiante...

Au-delà de la grève étudiante, des manifestations et des injonctions. 

Au-delà du jeu politique d'influence, des stratégies de négociation, de "timing" électoral, de séduction de l'électorat. 

Au-delà même de la hausse des frais de scolarité, de la réduction ou non de l'accessibilité aux études supérieures, de la gratuité scolaire. 

Une prise de conscience réelle s'est amorcée.

Conscience que ce que nous voulons n'arrive pas tel qu'on le voudrait. "Bébés gâtés" diront certains. "Idéalistes" diront d'autres. "Visionnaires" diront les plus téméraires ! Il n'en demeure pas moins, nos destins sont entre nos mains, il n'en tient qu'à nous. 

Le mouvement étudiant aura fait émerger 30 ans de profonds refoulements. La contestation de l'ordre établi ne peut se faire que dans un minimum de chaos, car justement, l'ordre est (était ?) É_T_A_B_L_I. 

Mais ce qui est beau, c'est le refus obstiné du mouvement d'accepter l'inacceptable. Malgré la désinformation, le lobby et la proximité entre privé et élus par exemple, l'avenir du peuple, dont la nouvelle génération s'en fait l'ambassadrice, est pris en main. 

La jeunesse apporte un regard nouveau sur les aberrations devant lesquelles elle se bute; elle s'enfarge dans les absurdités, probablement par virginité d'esprit, tellement ces "évidences" héritées de la société ne sont pas encore tenues pour acquises, voire incomprises. Qui comprend l'absurde ne le serait pas également

La jeunesse permet une remise en question de ce qui est établi, mais qui a pourri à la suite d'une succession d'années d'intérêts particuliers. De par son statut d'étudiant, la jeunesse, elle, peut faire passer ses intérêts personnels APRÈS ceux de la collectivité: pas encore de maison, voiture, sécurité d'emploi, dettes ou enfants à entretenir ou payer, comme ce sera le cas une fois qu'elle se sera profondément enlisée dans la cour des "grands": terrain miné de tentations matérielles et de considérations personnelles.

Ce que les étudiants et la jeunesse ont à entretenir cependant, ce sont le rêve et les idéaux. Car ce sont eux qui, en bouleversant les idées préconçues, incarnent l'évolution. L'esprit vierge des "préparvenus" de ce monde, dont la vue n'est pas encore limitée par de confortables œillères; qui sont à ce jour ni convaincus que les limites sont infranchissables, ni corrompus par les idées à constructions tant fallacieuses qu'insidieuses et issues d'un héritage qui n'a aujourd'hui rien à voir avec ce que la jeunesse antérieure concoctait en ses temps révolutionnaires... car elle aussi voyait à concrétiser ses rêves et ses idéaux... Leur poids démographique le leur aura permis... (voir à ce sujet "Idéalisme et rêverie: les réelles aspirations québécoises de changement").

Cette jeunesse antérieure a vieilli, et avec elle se sont transformés ses idéaux, passant tristement d'un rêve à une réalité ne représentant plus les rêves initiaux. Mais cette "réalité" fut construite, et peut par le fait même être déconstruite à la fois par ses propres bâtisseurs et les "rénovateurs" des générations qui suivent.

Au-delà, donc, de la polarisation gauche/droite, fédéraliste/souverainiste, pour ou contre la hausse.

Au-delà des oppositions jeunes/boomers, étudiants/travailleurs, gars/filles, yin/yan !

Au-delà de la politique, et bien au-delà des partis, il y a les idées...

Et ce sont ces idées que fait présentement émerger le mouvement étudiant. Les idées sont brassées, ne font pas l'unanimité et tant mieux ! Mais pour mettre de l'avant des idées nouvelles, matérialisées par de nouvelles priorités, l'ordre établi ne peut faire autrement que d'être bousculé, remis en question, remodelé.

Le plus troublant, c'est que cet ordre est aussi défendu bec et ongles par ceux qui se prétendent être "l'autorité", et qui finalement occultent le vrai débat, pour des considérations immédiates, électoralistes, qui n'ont rien à voir avec un quelconque projet à long terme, si ce n'est que de prendre ce qui reste, pour le temps qui reste; tous conscients que la fin approche...

Car en mode survie, le regard myope s'élève bien peu au-delà de l'horizon...

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